mardi 11 novembre 2008

Eléphants: le poil de la bête en dit long

Dis-moi ce que tu manges, je te dirais comment te protéger… Pour améliorer les relations entre les hommes et les éléphants en Afrique et assurer la protection de cet animal, des chercheurs ont analysé quelques poils de la queue des pachydermes pour mieux connaître leurs habitudes.

Grâce à l’analyse de certains isotopes de carbone et d’azote, l’équipe de Iain Douglas-Hamilton et de Thure Cerling a retracé le menu et les déplacements de quelques éléphants au Kenya.

Après avoir dramatiquement chuté dans les années 80, les populations d’éléphants se sont reconstituées en Afrique, notamment dans les grandes réserves d’Afrique du Sud.

Pour autant, le pachyderme demeure un animal menacé dans beaucoup de pays. L’espace est l’un des problèmes clefs de sa protection : l’homme a étendu son territoire en Afrique, notamment en augmentant les surfaces cultivées, et supporte mal de voir l’éléphant empiéter sur son territoire.

Pour tenter trouver une solution à ce problème, Douglas-Hamilton et Cerling ont utilisé l’analyse isotopique pour connaître en détail les habitudes alimentaires des éléphants.
Les chercheurs expliquent dans les PNAS publiés aujourd’hui que les ratios entre l’isotope 14 et 15 de l’azote, ou entre l’isotope 13 et 12 du carbone, révèlent le type de végétation que les éléphants ont consommé : plutôt des arbustes en zone sèche ou au contraire de l’herbe et des céréales en zone humide. L’un des objectifs est de savoir si les éléphants pillent souvent les cultures de maïs des hommes.

Sur les sept éléphants du Kenya ainsi étudiés, qui étaient également équipés d’un émetteur GPS, six ont passé le plus clair de leur temps dans les plaines arides du parc de Samburu. Le septième, un mâle baptisé Lewis, a préféré quitter ces plaines au moment de la saison sèche pour rejoindre la zone plus humide de la forêt et, de temps à autre, faire une incursion dans les champs de maïs. Cette stratégie est coûteuse pour l’éléphant : Lewis a essuyé plusieurs tirs de la part des paysans. Il est mort un an après le début de ces recherches.


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